La CEDEAO a failli à sa mission selon le business analyste sénégalais Barham Thiam

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Suite au renversement du gouvernement de Ibrahim Boubacar keita par les militaires maliens et la réaction musclée de la CEDEAO, le business analyste sénégalais, Barham Thiam vivant au Canada a fait une analyse froide de la situation.Dans cette contribution le Consultant en Management Public et patron de JBMONDE s’en prend ouvertement à la communauté des états d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) qu’il qualifie même de syndicat des chefs d’états.

“L’ONU, LA CEDEAO, L’UNION EUROPÉENNE doivent avouer leurs incompétences, féliciter le peuple malien, surtout les militaires qui ont, tout au moins, administré la preuve qu’ils sont des RÉPUBLICAINS.

Face à la situation d’impasse nationale, les militaires ont assumé leur responsabilité en prenant la décision de faire partir le président IBK. Ils ont sans doute compris que s’ils ne le font pas, les organisations et syndicat de Président de la CEDEAO allait laisser la situation pourrir en soutenant leurs frères président devenu illégitime et rejeter par son peuple.

Le 22 juillet 2020, dans une lettre ouverte d’un citoyen malien adressé aux chefs d’états de la CEDEAO, on pouvait lire : « Je vous conseillerais vivement d’être á l’écoute des requêtes de ce peuple meurtri qui n’aspire qu’á la paix et á la sécurité comme tous les citoyens de la CEDEAO. Sortez des sentiers battus et arbitrer en mettant au-devant les aspirations du peuple malien. Laissez les solutions préfabriquées dans les douillets bureaux et faites preuve d’empathie pour des solutions novatrices, saines, consensuelles et durables, seuls gages d’un développement durable et harmonieux. »

Un extrait plein de sens, avec des conseils qui auraient pu éviter au Président malien de subir une telle humiliation.

Les chefs d’états africains (SYNDICAT DES CHEFS D’ÉTATS) n’ont fait que pensé à leurs fauteuils en soutenant aveuglément leur frère, Président IBK en parlant de LIGNE ROUGE tout en oubliant les cris de cœur du peuple malien. Hélas, l’effet boumerang aujourd’hui! Il ne faut jamais sous-estimer un peuple décidé à changer les choses!

  • Où étaient-ils quand IBK tripatouiller la constitution?
  • Où étaient-ils quand IBK gouvernait le Mali comme sa propre maison?
  • Où étaient-ils quand leur frère président donner l’ordre de tirer sur le peuple?
  • Quelles étaient leurs réactions quand leur frère Président invalidait les victoires électorales de ses adversaires?
  • Quelles étaient leurs réactions quand la famille de leur frère Président abusait des derniers publics au moment où la majorité de la population ne mange pas à sa faim?

Il n’est plus question, maintenant, que des détenteurs du pouvoir se comportent comme des Rois, voir des Dieux sur terre, dans des pays où plus de 70% sont jeunes et plus de 60% des Personnes Pauvres et Très Désespérés (PPTD)!

Certains nous parlent de renversement de pouvoir cyclique au Mali mais tant que les constitutions sont tripatouillées, les votes confisqués, les complaintes et gémissements ignorés, l’armée aura toujours la possibilité de renverser les régimes sous le regard médusé des populations qui applaudissent.

Ces institutions qui parlent et condamnent, ne font que continuer à regarder l’Afrique avec des lunettes du passé. Et certains chefs d’états devraient avoir le courage de dire à leurs homologues Présidents de bien gouverner leurs pays, à défaut de leurs dire gentiment qu’ils n’ont récolté que ce qu’ils ont semé.

Senghor disait : « Mieux vaut partir des mois plutôt qu’une journée plus tard ». Mandela a pardonné à ses oppresseurs et passer le pouvoir au moment où il avait toute la légitimité et le mérite de mourir au pouvoir.

Mais la plupart de nos dirigeants actuels n’ont aucune vertu et n’écoutent le peuple, excusez-moi, ne font semblant d’écouter le peuple, qu’en périodes électorales ».

Chaque fois que le peuple pense avoir choisi un bon dirigeant, un leader, le désespoir devient plus grand qu’avant. Ce que l’on constate en générale en Afrique, c’est la mal gouvernance, le clientélisme, le népotisme, les conflits d’intérêt, la division sociale, l’injustice et un manque total d’empathie envers le peuple.

Souvent on regrette même d’avoir fait partir Abdou pour Abdoulaye. Chaque président devient pire que son prédécesseur. Les nouveaux pires que les anciens, les plus jeunes pires que les vieux au point qu’on ne sait plus à qui faire confiance.

On se demande toujours où va la riche l’Afrique, surtout l’Afrique de l’Ouest!

Avec le rappel à Dieu de Senghor et de Mandela, plus personne, légitime pour jouer les bons offices de conseiller, de personne véridique, de médiateur en Afrique. Personne!

Ceux sur qui on a fondé beaucoup d’espoirs deviennent méconnaissables une fois arrivés au pouvoir (WADE, IBK, OUATTARA, CONDÉ, DÉBY etc.). Les autres, ont vendu leurs âmes aux diables pour rester dans les lambris d’orées du pouvoir, allant jusqu’à se transformer en laudateurs des Présidents.

Comme dissent les Anglais: «GO AROUND COME AROUND »!

Les dirigeants africains ne doivent jamais perdre de vue que le seul détenteur du pouvoir est le peuple et se mettre en tête qu’ils sont élus pour servir ce peuple et non les abusé.

Bonne chance et bon courage à nos frères et sœurs Maliens”.

Contribution

Barham Thiam

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