L’Amérique: une démocratie qui s’effondre après l’invasion du Capitole

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Le Congrès américain symbole de la démocratie a été pris d’assaut ce mercredi 6 janvier par des pros Trump. Une invasion visant à interrompre la session parlementaire qui devait confirmer la victoire de Joe Biden à la présidentielle. Une émeute qui a fait quatre morts dont une femme tué par la police. Le géopoliticien Luc Michel décortique cette journée qui a mis à genoux la démocratie américaine mais aussi la position de la Russie qui semble se réjouir de ce chaos.

 

« On ne choisit pas entre la peste et le choléra. Dire que c’est de « la barbarie contre la démocratie américaine » est un manque de perspectives.  C’est le système US, assassin de Kadhafi et destructeur de la Jamahiriya, organisateur des révolutions de couleur, des soi-disant printemps arabe et africain, qui est la barbarie ! »

« Divided States of America, c’est un bien qui va donner de l’oxygène aux peuples du monde. Je m’en réjoui. Surtout le système oligarchique américain, « digne du Tiers Monde » (dixit Trump lui même), ne peut plus prétendre être le modèle de LA démocratie. C’est une imposture qui s’écroule ! Après la perte de leadership dans la lutte contre la pandémie face à Pékin, Washington voit son modèle politique s’effondrer. Demain la guerre civile ? »

Mais précisément je suis en phase totale avec ce qui se dit ce jour à Moscou !

« La fête de la démocratie est terminée », a proclamé ce jeudi une figure de premier plan du Parlement russe, une parmi de nombreuses voix à Moscou critiquant une Amérique qu’elles affirment en bout de course, « sa démocratie boitant des deux pieds ». La Russie s’est réveillée ce matin du Noël orthodoxe avec des images diffusées en boucle par les chaînes publiques, titrées « l’Assaut du Capitole » ou « Chaos à Washington », montrant une foule pénétrant dans le Capitole sous les tirs de gaz lacrymogènes de forces de l’ordre armes à la main.

Le Congrès américain a confirmé ce jeudi Joe Biden comme prochain président des Etats-Unis, mais plusieurs responsables russes estiment fort justement que « les évènements mettent en lumière les échecs de la démocratie américaine ». « Le système électoral des États-Unis est archaïque – exactement comme je l’expliquais ce matin sur LIGNE ROUGE – il ne répond pas aux normes démocratiques modernes (…) et les médias américains sont devenus un instrument de lutte politique », a ainsi déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova. « C’est en grande partie la raison de la division de la société observée actuellement aux Etats-Unis », a-t-elle ajouté, citée par les agences russes.

L’échec profond du système oligarchique américain : Washington a perdu toute raison de prétendre être un modèle

Moscou s’est longtemps offusqué des critiques américaines sur l’état de la démocratie russe sous le président Vladimir Poutine, accusant Washington « d’hypocrisie et de condescendance ». Reprenant des éléments rhétoriques utilisés contre la Russie, des responsables russes ont affirmé que « Washington avait perdu toute légitimité à dispenser des enseignements démocratiques à d’autres pays ». C’est exactement ce que j’ai expliqué sur AFRIQUE MEDIA ce matin !

« La partie perdante a des raisons plus que suffisantes d’accuser les gagnants de falsifications, il est évident que la démocratie américaine boite des deux pieds », a déclaré sur Facebook Konstantin Kosatchev, président de la commission des Affaires étrangères de la chambre haute du Parlement russe. « La fête de la démocratie est terminée. Elle a, malheureusement, touché le fond, et je dis cela sans une once de jubilation. L’Amérique a perdu le nord et n’a donc plus aucun droit de donner le cap. Et encore moins de l’imposer aux autres », a-t-il ajouté.

Il n’y a pas eu jeudi de réaction du Kremlin, mais de nombreux parlementaires pro-gouvernementaux ont commenté les évènements. Le président de la commission des Affaires étrangères de la chambre basse du Parlement, Léonid Sloutsky a déclaré aux agences russes que « les Etats-Unis ne peuvent certainement plus imposer de normes électorales à d’autres pays et prétendre être le +phare de la démocratie+ dans le monde ».

“Le boomerang des révolutions de couleur est en train de se retourner contre les Etats-Unis”

Léonid Sloutsky a estimé que « le boomerang des révolutions de couleur est en train de se retourner contre les Etats-Unis », prophétisant que « tout cela risque de se transformer en crise du système de pouvoir américain ». Précisément c’est en organisant aux USA même en 2016 une révolution de couleur contre Trump, la « Purple Revolution », que les Réseaux Sorös-Obama-Clintons ont alors mis le feu aux poudres. Trump n’a fait que répondre à une guerre civile rampante lancée par les Démocrates !

La Russie a accusé à plusieurs reprises à raison les États-Unis de soutenir des soulèvements dans sa zone d’influence, notamment en Ukraine, en Géorgie et plus récemment au Bélarus. Ces fameuses révolutions de couleur, dont la première fut initiée en Yougoslavie en octobre 2000 contre le Président Milosevic, allié de Moscou …

Quand “la liberté absolue d’information devient une arme entre les mains des extrémistes”

Anton Gorelkine, un député du comité des télécoms de la Chambre basse, a félicité Twitter et Facebook pour la suspension des comptes de Donald Trump. « Les réseaux sociaux doivent fonctionner selon des règles strictes dans le cadre de la loi. Parce que la liberté absolue d’information devient une arme entre les mains des extrémistes », a-t-il déclaré sur sa chaîne Telegram.

Au moment même où à Paris Marine Le Pen défendait Trump !

Les pays occidentaux critiquent régulièrement la Russie pour ses mesures visant à renforcer le contrôle des réseaux sociaux, très utilisés par l’opposition. Washington a notamment accusé Moscou « d’intensifier la répression de sa société civile » lors de l’adoption récente d’une nouvelle loi durcissant les mesures contre les ONG et les médias considérés comme des « agents de l’étranger ».

Divisions croissantes aux Etats-Unis

En Russie, des figures de premier plan ont pointé du doigt le refus de Donald Trump de reconnaître les résultats de l’élection de novembre, ainsi que les divisions croissantes aux Etats-Unis. Le Kremlin a été accusé « d’avoir fomenté ces divisions ». Washington sans vergogne a pris de multiples sanctions contre la Russie, notamment du fait d’allégations de soi-disant « piratages informatiques et d’accusations d’ingérence dans la présidentielle de 2016 ».

Les relations entre Moscou et Washington se sont considérablement dégradées ces dernières années, avec plusieurs vagues de sanctions américaines contre la Russie, sur le dossier de la Crimée, des conflits au sujet des traités de non-prolifération d’armes et des accusations d’attaques informatiques russes d’envergure.

Luc Michel/Wema Info

 

 

 

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