Pétrole : L’IAP signe une convention de partenariat avec le Sénégal

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Luc Michel

C’est un des plus grands champs gaziers d’Afrique. Le GTA, pour « Grande Tortue Ahmeyim », les noms donnés aux blocs d’exploration, s’étend de part et d’autre de la frontière maritime du Sénégal et de la Mauritanie. Les réserves sont estimées à 1 400 milliards de m³ de gaz, ce qui fait du projet GTA l’un des plus importants en cours de réalisation en Afrique. Les deux pays sont convenus de se partager les recettes, estimées entre 80 et 90 milliards de dollars sur 20 ans. La première phase du projet, qui en compte trois, est achevée à 58%, selon BP qui pilote l’opération. En raison de l’épidémie du Covid-19, le chantier a pris un an de retard, les travaux d’installation n’ont commencé que cette année, et ce n’est qu’en 2023 que le site livrera ses premiers m³. Ce premier chantier colossal situé à 65 km de la côte, au nord-ouest de Dakar, a nécessité un investissement de 3,6 milliards de dollars (environ 2,9 milliards d’euros).

Cette phase consiste à installer une douzaine de puits d’extraction du gaz, à 2 700 m sous la surface de l’océan. Dans le même temps, il faut fabriquer et installer un brise-lames de 1 200 mètres de long qui protègera le navire chargé de liquéfier le gaz. L’unité flottante pourra produire 2,5 millions de tonnes de Gaz naturel liquéfié par an (GNL). 21 caissons en béton, chacun faisant presque la taille de l’Arc de Triomphe de Paris et d’un poids à vide de 16 000 tonnes, ont été construits à terre au port de Dakar, puis acheminés et progressivement immergés sur le site.

Jusqu’ici rien d’extraordinaire puisque les puissances  occidentales ont l’habitude de s’emparer des richesses gazières du continent et le Sénégal aux infinies richesses énergétiques ne fait pas exception.

D’ailleurs on se rappelle comment la BBC a lancé un documentaire il y a quelques années contre le frère du président Sall pour l’écarter du ministère de l’énergie parce que l’intéressé refusait de concéder au BP ce qu’il exigeait. Mais l’Etat sénégalais s’est il laissé faire ? Peut-être pour le moment.  Mais pas pour toujours.

L’institut algérien du pétrole (IAP) a signé une convention de partenariat dans le domaine de la formation avec l’institut national du pétrole et du gaz du Sénégal (INPG) a annoncé la Sonatrach dans un communiqué rendu public ce lundi 02 août.

Le document précise que la convention a été signée le 27 août dernier au siège de l’IAP à Boumerdès en présence de l’Ambassadeur du Sénégal en Algérie, Serigne Dieye. La convention est le résultat des discussions menées entre les responsables de l’IAP (institut Algérien du pétrole) avec la partie Sénégalaise représentée par l’Ambassadeur sénégalais, le 27 mai dernier ainsi que d’autres discussions avec l’INPG. Ce partenariat, ajoute la même source, visa à réaliser et développer des programmes de formations et d’échanges dans des thématiques d’un intérêt mutuel. Le communiqué de la Sonatrach affirme que les deux parties sont “convaincues de la réussite de ce partenariat, établit sur des bases sincères et d’intérêts mutuels” ajoutant qu’elles ont convenu de “mener au plus vite la concrétisation de ces actions”.

Le BP regrettera sûrement d’avoir comploté contre le Sénégal car en termes d’énergie il semble que les Sénégalais visent à inter-africaniser le secteur.

 

 

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